Texte et performance de Pierre-Luc Landry
seul-en-scène, 4e acte
(poème en chantier)
1
un bijoux une sculpture un objet précieux — une jalousie
pas le temps je m’occupe des autres me suis trop occupé des autres je passe toujours en dernier et c’est de ma faute — j’ai péché en pensée en parole par action et par omission oui j’ai vraiment péché mea culpa mea culpa mea máxima culpa through my fault through my fault through my most grievous fault — pas grave plus tard je m’en occuperai j’aurai le temps plus tard quand soudainement plus tard je vais écrire mais surtout j’espère écrire je fais des plans d’écriture je note des idées je commence des textes puis j’échoue le bruit m’attrappe pas le temps jamais le temps plus tard mea culpa je n’ai pas appris à dire non through my fault il faut se rendre indispensable quand ce sont les autres qui déterminent notre destin oui j’ai vraiment péché je convoite le luxe de créer de—
—faire
quelque chose
j’ai assimilé j’ai cru j’ai entendu et j’ai acquiescé ce n’est pas de la poésie ce n’est pas un vrai roman ce n’est pas un essai tu ne fais pas comme on voudrait tu es trop ceci et pas assez cela je suis trop vieux maintenant mais quand jeune encore trop queer pas à la mode à l’époque à l’époque lol c’était il y a à peine 5-10-15 ans combien de fois déjà on m’a dit trop de sexe trop gay trop de personnages qui ne sont pas straight ça ne parle pas à la majorité trop de personnages aux noms qui signalent leur… différence? (l’hésitation n’est pas une question c’est qu’on mesure le poids des mots et qu’on n’en pense pas moins c’est une rhétorique c’est une violence je ne suis pas raciste je ne suis pas homophobe mais—) je réponds nationalisme ethnique et linguistique nationalisme suprémaciste nationalisme exclusif je galère je ne sais pas gérer l’accident identitaire on me dit c’est niché ce n’est pas pour nous on s’adresse à tout le monde pas juste aux communautés on me dit si tu veux que ton texte soit publié tu vas enlever ceci et cela trop de mots en anglais d’ailleurs en plus tu n’écris pas particulièrement bien ce n’est pas du très bon français c’est trop simple mais c’est aussi trop compliqué et ainsi de suite on me dit bien pire encore—
alors dans le noir dans le silence j’essaie quelque chose:
j’espère écrire
le temps il est là
toujours-déjà aménagé
consacré aux autres et je n’existe pas
dans le noir dans le silence j’essaie encore:
j’espère écrire
transcender la jalousie
désamorcer ce qui gruge ce qui déçoit ce qui fait mal
ce qui est moi ce que je suis
ce n’est pas de la jalousie
—non—
c’est plutôt de l’envie c’est l’envie devant «les autres» groupuscule obscur indéchiffrable «les autres» qui publient alors que moi
alors que moi…
parce qu’on m’a dit—
parce que j’ai cru—
2
pathologie queer du système nerveux central
«Il n’y a assurément pas de “structures universelles” de la communication, de réciprocité intersubjective entre des sujets censés être égaux, puisque certains doivent apprendre à ne pas communiquer (ou à truquer la communication), à essayer d’induire l’autre en erreur ou en ignorance, avant d’être en mesure d’opérer un réapprentissage du langage et du rapport aux autres dans le langage», affirme Didier Eribon dans ses Réflexions sur la question gay.
malgré une longue formation malgré une très longue formation je ne sais toujours pas parler je ne sais pas écrire je n’ai jamais appris à m’adresser à mes communautés
Bonjour,
Nous devons vous signaler que nous avons été déçus par votre attitude durant le colloque.
Ce n’est pas normal.
m’aplatir aurait été préférable puisque—
en retard d’une génération parce qu’on m’a empêché de—
je n’ai ni corps qui vous ressemble et vous me l’avez répété
trop gay tapette androgyne de toutes les luttes
j’écris je prends la parole «le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie»
devant moi personne ne bouge
il ne faudrait surtout pas
il faudra choisir
je ne crois pas que ce soit une bonne idée
vous n’y arriverez pas vous nous ferez perdre notre temps
ça n’est plus d’actualité on a réglé ces questions dans les années 90
je ne vois pas le rapport avec l’identité
nonobstant en privé merci merci on me dit que je ne suis pas seul mais devant moi personne ne bouge
tu ne peux pas dire ça il est gentil c’est mon ami
ce n’est pas par pruderie mais plutôt par lassitude: c’est trop lu trop vu
si tu veux publier ton texte quand même il faudra
devant moi personne ne bouge
non
pas comme ça
tu ne peux pas dire ça
tu ne peux pas écrire ça
tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire
tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire
tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire
tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire tu ne peux pas écrire
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
TU NE PEUX PAS ÉCRIRE
ce n’est pas de la poésie
ce n’est pas ça
vous me l’avez répété j’ai tout entendu je me suis laissé marquer par les verdicts prononcés en mon absence
3
«et puis je fume»
ce sont aussi les campements
démantelés harcelés
injonction trespassing respect de la propriété privée
les secondes les minutes les heures puis les années traversent ces espaces qui se ressemblent
et pourtant
et pourtant je suis incapable de réconcilier
please excuse the fence while we violently displace people without homes
je rêve de barricades coin Saanich et Douglas
s’il ne semble y avoir rien quand on ouvre les yeux c’est là toujours-déjà
là queer partout forêt béton plage
là quand résister une brique sous les pavés la seule manière de survivre
pour peu qu’on nous ait appris à lire et à parler
j’ai compris je ne sais trop quand
j’ai enfin compris je pense
j’ai enfin compris je pense je ne sais trop quand
en réalité
c’est le pluriel qui l’emporte par la force des choses l’inventaire est incomplet
et je n’habite pas dans le même monde qu’eux
et je n’habite pas dans le même monde
je mourrais à même la vie j’ai paniqué de l’eau dans les poumons j’ai paniqué i was drowning i was dying alive comme l’écrit Kateri Lemmens à propos de David Foster Wallace j’étais «jour après jour, seul et emprisonné, coupé des autres, dans la cage de pensées et de doutes que peut devenir notre esprit» toute ma vie privé de ma culture ce qu’il y avait dans les films ne relevait pas de ma réalité
et vice-versa
je voulais un train électrique et des pantalons de velours cordé je rêvais d’une autre religion je n’avais pas compris il n’y avait personne pour m’enseigner comment ne pas mourir pour m’enseigner queer ma culture de naissance qui n’est ni paternelle ni maternelle comment queer pour ne pas mourir
j’apprends par moi-même il y a des trous des cratères des abîmes insondables cependant ça arrive comme ça opération mathématique c’est limpide et je veux tout recommencer
je veux recommencer je pense: je veux écrire un discours je peux enfin avoir de l’humour parce que j’ai compris i was dying alive à force d’être tenu à distance de tout ce qui pouvait m’aider à respirer queer pour ne pas mourir
en attendant je fume
stationnement HomeSense sur grand boulevard
je danse je chante un peu pas très fort je fume je chante et je danse
stationnement HomeSense sur grand boulevard je fume
Island Home Centre entre Blanchard et Oak
Island Home Centre entre Cloverdale et Tolmie
je fume je tweete je danse
puis génocide devant mes yeux là génocide
dissonance cognitive une brèche dans la structure de l’espace-temps et je pense:
il n’y a que la poésie qui puisse donner sens elle n’y arrivera pas cependant écrire pour ne pas mourir
mais est-ce que j’en ai le droit qui peut m’octroyer la légitimité nécessaire à qui appartient le désir de quoi le succès est-il le visage?
j’orchestre une renaissance je me plains d’avoir en quelque sorte été freiné brusquement ainsi je me dédouane complètement alors que voilà ce sont mes traumatismes qui ont pris le contrôle voilà je me plains tandis que des bombes
tandis que des bombes j’espère écrire
tandis que des bombes stationnement HomeSense sur grand boulevard quatorze heures je fume je ne danse plus vraiment
j’espère écrire mais je ne tweete plus
un mode de vie déterritorialisé un être-au-monde érigé sur les pilotis du déni il n’y a pas de raz-de marée non de quoi tu parles voyons
écrire tandis que des bombes
multiples vies décloisonnées
lire et écrire de travers de manière oblique de façon excentrée
queer pour ne pas mourir
écrire
j’espère écrire
4
on se reformule on se recrée
Mark Lipton, dans un chapitre de l’ouvrage Queer Youth Cultures, souligne que les jeunes queer doivent manipuler les médias pour s'y reconnaître, pour se sentir représentés, pour se connecter à des personnages qui pourraient être des êtres vivants semblables à eux. They must “decode texts against the mainstream, heterosexual grain” en les modifiant, en négociant avec leurs spécificités et en agissant comme des détectives, afin d’opérer une lecture queer qui les aidera à façonner leur identité et à sentir qu'ils ne sont pas seuls.
J'ai soif je ne sais pas boire.
Mark Lipton: “[q]ueer people have trouble being active participants in mass popular culture because they are not included in society’s view of the ‘mass’. Yet, queer reading practices articulate queer positions in and about mass culture that reveal popular culture need not exclusively and inevitably express straightness.”
C’est impossible de faire autrement et puisqu’il n’y a rien—
je voudrais dire: il y a dans la poésie des fulgurances il y a des isolats des phrases et des images qui s’adressent à moi quelqu’un me parle.
Je n’ai jamais appris on ne m’a pas montré.
Je peux transformer tout ce que je touche: queer ailleurs-autrement.
Par exemple Jacques Roubaud qui pleure la disparition d’Alix Cléo: «De débris de poèmes je fais ces phrases.»
Moi aussi.
«Il y a une sorte de coïncidence miraculeuse entre ce que je lis et ce que je suis», écrivait Yann Andréa dans Cet amour-là; j’ajoute: même dans les livres trouvés chez Zellers nous habitons le désert.
5
auto-expérimentation: technique de soi centrale dans une société dystopique
toute ma vie dans ma tête comme dans mon corps une performance un peu grunge un peu messy
j’avais huit ans j’en avais peut-être neuf ligue municipale de soccer on jouait au parc notre-dame je ne comprenais rien j’étais très mauvais on m’avait placé en défense et le ballon était toujours trop loin alors je me suis improvisé capitaine du cheer — je jouais pour le Nigéria et avec grand-maman on a repéré dans un dictionnaire le drapeau du pays qu’on a cousu à partir de retailles de tissus j’ai attaché un bac de recyclage sur une planche à roulettes i was a skater boi mais pas de la bonne manière j’ai décoré le bac j’y ai attaché une corde à sauter et mon ourson en peluche installé dans le bac est devenu notre mascotte le Nigéria était à l’honneur dans nos parades mais on ne savait rien du Nigéria on ne comprenait rien à rien en tous cas il est certain que moi je ne comprenais pas
à l’université dans un bar de la basse-ville je me suis jeté de la poudre de talc en plein gueule en récitant de la poésie j’ai bu un aquarium j’ai lancé le poisson mort dans l’audience et sans faire exprès en plein visage d’un ancien amant sans faire exprès je suis tombé je suis disparu de la scène je me suis effondré et on n’y a vu que du feu le corps en danger dans le hic et nunc de la performance
la même année dans un corridor au sous-sol du pavillon DeKoninck comme travail de fin de session une performance interactive complètement délirante je suis assis sur une vieille toilette je ne sais même plus où nous l’avions trouvée une vraie de vraie toilette de porcelaine qu’on a traînée jusque là mais comment je ne sais plus je suis assis sur une vieille toilette dans un corridor au sous-sol du pavillon DeKoninck je mange des saucisses je suis assis sur une vieille toilette mon pantalon à mes chevilles dans la toilette il y a un dictaphone et en boucle c’est Jean-François qui rote et qui pisse à l’intérieur de la salle — une boîte noire — plusieurs dispositifs tentent un geste pédagogique Sylvianne ou Marianne je ne sais plus l’une des deux nue dans un tube de tissus extensible se tortille comme une chenille à l’aube de la métamorphose partout des hauts-parleurs murmurent
les frontières sont poreuses
les frontières sont poreuses
les frontières sont poreuses les frontières sont poreuses
LES FRONTIÈRES SONT POREUSES
LES FRONTIÈRES SONT POREUSES
LES FRONTIÈRES SONT POREUSES LES FRONTIÈRES SONT POREUSES
les frontières sont poreuses
les frontières sont poreuses
les frontières sont poreuses les frontières sont poreuses
et si on parle de performance on parle sans doute aussi du vivant de la vie les frontières sont poreuses c’était toujours tout much toujours le drame de vivre
tous les matins dans un café n’importe lequel un café qui se transforme tous les matins en small-town dive bar je suis à genoux sur le comptoir avec une immense breast plate j’ai une poitrine magnifique mon t-shirt est mouillé bien sûr of course c’est un lipsync la version d’Elle King parce que je ne peux pas en toute conscience répéter certains mots qui ne m’appartiennent pas
if you don’t want to hear a filthy poem
get the fuck out, please
i was so fucking gay i’ve always been so fucking gay mais personne n’encourageait mon extravagance personne ne me signalait que mes comportements avaient une valeur artistique whatever the fuck that means j’étais je suis celui qui dérange celui qu’on déteste celui qui rit trop fort et trop mal celui à qui un jour quelqu’un va péter la gueule s’il n’arrête pas et tu le mériteras criss de tapette
autoexpérimentation technique de soi performance drag métamorphe et après j’ai oublié on m’a forcé à oublier à mettre de côté tout ce qui m'intéressait je dis on m’a forcé mais personne ne m’a forcé j’ai fait tout ça moi-même en prétendant que je construisais mon propre chemin alors que finalement comme les autres avant moi je me suis aplati mais il n’est jamais trop tard pour redevenir ce que je n’ai jamais cessé d’être
le truc avec la nostalgie que je ressens pour des choses que je n’ai pas vécues ou qui m’ont été interdites c’est qu’elle remue les histoires que j’ai tues et les peines et les joies que j’ai vécues dans le secret tout seul comme un grand donc je n’ai pas compris grand-chose là-dedans je n’en parlais pas il n’y avait personne pour accompagner ce qui n’existait pas
je pense que je me suis moi-même traumatisé dans le silence
conditionné à avoir honte aujourd’hui encore à l’aube de la quarantaine j’ai honte d’acheter du papier de toilette — je pense dans un discours mental débile que les gens me voient et me jugent et j’entends leurs insultes
ark regarde la tapette qui achète du papier de toilette pour s’essuyer le cul
si pour certains écrivains le trash est une esthétique
parfois le trash c’est juste trash et ça fait juste mal
6
l’immanence du texte
Je déteste retourner au canon les livres ne sont pas cachés ils sont simplement ignorés je n’ai rien d’intéressant à dire sur le canon de toute manière je n’ai aucune légitimité mais la phrase de Rilke elle me hante depuis que je l’ai lue à l’écran pour la première fois:
“Let everything happen to you: beauty and terror / Just keep going. No feeling is final.”
La phrase de Rilke. Isolée de son Livre d’heures, Das Stunden-Buch, publié en 1905. D’abord il y a la phrase à l’écran, à la toute fin du film Jojo Rabit de Taika Waititi—filmé à Prague, Prague-Kafka Métamorphose. Kafka Gregor Samsa mais je n’oublie pas Peter le Rouge, Peter le Rouge qui parle lui aussi de moi, Peter le Rouge le narrateur du Rapport pour une académie, moi aussi je suis un «ex-singe [qui s’est introduit] dans le monde des hommes et [qui] s’y [est fixé].» Je prétends appartenir à une communauté dont j’ai appris la langue; moi aussi «j’ai atteint le niveau de culture moyen d’un Européen.» Je suis un chimpanzé invité pour amuser le public.
Je suis un monstre qui vous parle, écrit Paul Preciado et à la troisième page de son discours surgit Peter le Rouge mais ce n’était pas prévu comme ça voilà un moment de grande synchronicité je cite Preciado: «le plus intéressant dans le monologue de Pierre le Rouge, c’est que Kafka ne présente pas son processus d’humanisation comme une histoire d’émancipation ou de libération par rapport à l’animalité, mais plutôt comme une critique de l’humanisme colonial européen et de ses taxonomies anthropologiques. Une fois capturé, le singe dit ne pas avoir eu de choix: s’il ne voulait pas mourir enfermé dans une cage, il devait passer à la ‘cage’ de la subjectivité humaine.»
queer pour ne pas mourir j’espère écrire—
Mais la phrase de Rilke.
“Let everything happen to you: beauty and terror / Just keep going. No feeling is final.”
Je considère l’illusoire libération, la sortie de la cage, mais j’acquiesce plutôt à la monstruosité. Je parle avec Preciado: «Le monstre est celui qui vit en transition. Celui dont le visage, le corps et les pratiques ne peuvent encore être considérées comme vrais dans un régime de savoir et de pouvoir déterminés.» Je parle avec Kafka, avec une autre de ses créatures: je suis l’Odradek, mon «ensemble a bien l’air vide de sens, mais il est achevé à sa manière ». Je m’esclaffe d’un « rire comme on peut en produire sans poumons».
la littérature est un lieu est un corps
le vivant est une seule vie qui se déplace se métamorphose
je suis un corps public une parole informe
je suis un métamorphe almost always unreadable
7
métamorphoses
Je suis une voix flottante je parle donc je suis je peux immerger mon corps le réduire en vibration mécanique en onde longitudinale mais je ne peux pas le boire je ne peux pas crier j’habite le lieu de mon énonciation même si ce texte si ces poèmes même s’il faut les entendre depuis le sommet d’une colline rocheuse à travers le sel de l’océan tout autour étouffé dans l’humus des forêts. Je refuse ce qu’Ed Cohen appelle «l'apothéose du corps moderne», «l'abandon de la relation intégrale de l’être humain avec son environnement et l'insistance sur une ségrégation radicale du soi et du monde alimentée par un antagonisme belliqueux». J'ai besoin de réfraction et de diffraction j'ai besoin des qualités multidirectionnelles d'une arborescence continue je vis à l'intérieur d'un corps poreux ma sueur toxique assimilée aux gaz dans lesquels je me déplace je respire ton souffle et le souffle de la Terre je suis tout et n’importe quoi je suis Walt Withman “Do I contradict myself? / Very well then I contradict myself, / (I am large, I contain multitudes)” je suis aussi Bob Dylan «Je change au cours d'une journée. Je me réveille et je suis une personne, et quand je m'endors, je sais avec certitude que je suis quelqu'un d'autre. La plupart du temps, je ne sais pas qui je suis. Cela n'a même pas d'importance pour moi». J'ai une peau, mon corps connaît des frontières qui sont franchies transgressées ignorées des millions de fois par jour je suis perméable. «tout vivant est la forme du monde en entier », « tout vivant est métamorphose du monde», écrit le philosophe Emanuele Coccia. Je suis un métamorphe je suis ma propre mutation je n'ai pas de forme mes extérieurs changent toujours-déjà chaque jour il est possible d'abandonner l'ambition de la reconnaissance alors je choisis la littérature la littérature est un lieu pour inscrire ce processus de réémergence périodique je choisis la littérature comme un lieu comme une possibilité comme une communalité de corps de vies de créatures d'affects de monstres je choisis la littérature comme un moyen d'exploser les normes les règles et les conventions on m'a assigné un statut d'humain à la naissance pourtant parfois je suis composé de plus de matière non-humaine que de ma propre humanité tous les matins j’avale je m’injecte des mollécules qui ne sont pas moi qui le deviendront qui me transforment alors je choisis la littérature comme un lieu comme une possibilité comme une communalité de corps de vies de créatures d'affects de monstres je choisis la littérature comme un moyen d'exploser les normes les règles et les conventions je choisis d'imaginer un avenir qui transcende les cages taxonomiques dans lesquelles nous nous sommes emprisonnés j’espère écrire queer pour ne pas mourir. Je parle à travers Emanuele Coccia lorsque je rêve un futur «qui ne soit pas la simple conséquence logique et historique de tout ce qui a été.» Je suis l’Odradek j’attends une nouvelle métamorphose.
Pour Coccia, un cocon est une technique «est la forme que tout être vivant entretient avec soi-même et qui l’amène à modifier radicalement son corps et son identité» est un «maniemen[t] du monde qui ren[d] possible un changement de l’identité personnelle» et le livre est «un cocon qui permet de redessiner son propre esprit.» Un livre est donc une technique est une «performance des technologies de soi», pour encore parler avec Preciado, un livre est un cocon est un lieu est un «paradigme de la conscience de soi» est «l’espace dans lequel chacun de nous est soumis à des forces qui le transforment irrémédiablement et le transposent dans un monde totalement différent de celui où il a vécu jusque-là.» Je choisis la littérature comme un cocon comme un lieu la littérature est cet endroit où je peux faire tomber les masques et échapper à la saisissabilité.
Dans ce cocon je «[l]aisse[rai] tout venir à [moi]: la beauté et la terreur. / Il [me] suffi[ra] d’avancer: nul sentiment n’est si lointain.» Aucun texte n'est définitif à l'intérieur du cocon il y a «l’imagination créative [nécessaire] pour un futur impensable et inimaginable.» «Le cocon est la démonstration vivante qu’un environnement, un monde, ne se limite pas à une géométrie à laquelle s’adapter, mais est un laboratoire dans lequel se réinventent, dès le départ, géométrie et forme.» Un livre est un cocon est un lieu un texte est un cocon est un lieu; la littérature est un lieu et la théorie s’y installe dans un coin même si les murs ont été détruits. Les souverains nécropolitiques y courent dans tous les sens s’accrochent à la vie se précipitent pour perpétuer l'existant le déjà-là le pareil au même et leur mouvement a levé le brouillard: dans ce coin de la maison aux murs abattus là où s’était installée la théorie dans un coin s'élèvent les millions de visages de ceux d'entre nous qui sont maintenus dans la marginalité par le système par le souvenir nostalgique des murs phantom limb syndrome mais l’architecture reste la même dans un coin là où se tapissait la théorie s’élèvent les millions de visages et de voix des indésirables du capitalisme.
Aujourd’hui je suis une voix flottante sans territoire j’espère écrire je rêve d’un livre que mon corps écrit sur le territoire pour ne pas mourir. Je suis un livre mais le livre n’est pas en moi; l’auteur n’est pas une parturiente n’est pas un fantôme l’auteur est une théorie de lui-même. L'autothéorie «mobilise l’expression de soi à travers une multitude de formes et de manières de faire, qui n’opposent ni la pensée à l’art, ni les pratiques artistiques entre elles, ni l’art ou la théorie aux expériences vécues», écrit Nicholas Dawson; l'autothéorie «révèle la précarité du maintien des séparations illusoires entre l'art et la vie, la théorie et la pratique, le travail et le soi, la recherche et la motivation», explique Lauren Fournier; l'autothéorie est politique de la même manière que l'autohistoria de Gloria Anzaldúa est politique, était politique, et sera toujours politique. La littérature est un lieu est un terrain est un « terrain [peut-être] plus risqué » que d'autres; comme l'écrit Mel Y. Chen, «les universitaires sont souvent formés pour éviter d'écrire dans quelque style que ce soit qui s’apparente à la confession[;] un tel virage est chargé d'ambivalence». La littérature est un terrain politique est un lieu politique mon existence est politique je suis une voix flottante.
Nicholas Dawson suggère que l’autothéorie «joue […] dans les platebandes du queer» et refuse les assignations. La littérature est un cocon est une maison est un lieu et pardonnez-moi de parler à travers les mots des autres mais des textes ont déjà été écrits que je n’ai pas à rénover ou à parodier; Emmanuele Coccia: «Le cocon est aussi la preuve que notre vie ne peut jamais être assignée à un seul environnement, à une seule niche, à un seul monde. Non parce que la vie s’adapte à tel ou tel environnement, à tel ou tel monde[;] elle ne peut se réduire à un monde spécifique puisqu’elle est toujours un monde pour elle-même. Le cocon est la preuve que la vie construit son monde entier; la preuve qu’il n'y a pas de différence entre la maison et le monde, non pas que le monde soit notre maison, mais dans le sens où la vie transforme constamment l’espace dans lequel elle se déploie et que, pour cette même raison, la vie se vit toujours elle-même.» Pour aujourd’hui ma voix est un monde est un texte je suis une voix flottante je suis un texte que j’habite dans lequel je me déploie je m’incarne ici et maintenant j’espère écrire.
Si l’on considère que la vie est informe et sans limite il est impossible de restreindre notre empathie aux corps qui nous ressemblent.
Dans un chapitre brillamment intitulé «Être mangé·e·s», Emmanuele Coccia encore met en garde contre l’illusion de la singularité humaine: «il faut se libérer du mythe qui nous oblige à nous penser comme radicalement différents de tout ce que nous avons autour de nous. Ce refus de reconnaître que notre vie est la même que celle qui traverse tout autre corps n’est pas seulement d’ordre théorique: la revendication d’être “différents et supérieurs aux autres créatures”, d’être faits “de matière mentale” […] nous a surtout amenés à répéter à l’infini l’illusion de supériorité et d’aparté.» La pensée métamorphique de Coccia n’est pas un culte extractive, orientaliste ou New Age, et s’il évoque l’hypothèse Gaïa, c’est dans le cadre d’une «théorie de la continuité» inscrite dans le tournant relationnel, considérant le moi et la vie de manière «multispécifique et transcorporelle». Avec mon corps avec ma voix flottante mes ondes longitudinales je choisis de lire queer I’m reading into it je lis Coccia queer et Coccia lit mon corps comme un collectif d’«écrivains microscopiques»: mes gènes «coïncident avec leurs écrits, et [avec] le processus d’écriture même. Ils écrivent, mais ils sont matériellement ce qu’ils écrivent. Ils sont une forme d’écriture qui est engendrée par le corps de l’écrivain et qui n’est jamais séparée de lui, comme si tous les mots que j’ai écrits voyageaient avec moi inscrits à même mon corps. Or plutôt, les gènes sont des rédacteurs pour lesquels l’acte d’écrire coïncide avec une pratique chirurgicale de leur propre corps: ils réinventent et réforment constamment l’écriture de chacun, et le sens de leur écriture correspond à ce qu’ils arrivent à faire avec le corps. C’est une forme d’écriture créative, au sens littéral du terme, comme si chaque mot que j’écrivais changeait mon corps pour toujours. Comme il n’y a pas de différence entre l’orateur et la parole, le sujet et l’information fournie, la nouveauté ne peut émerger que par une métamorphose. Ou à l’inverse, l’écriture se fait grâce à eux un processus ontologique de réincarnation.»
Comme Preciado «j’ai survécu au processus systématique d’anéantissement de ma puissance de vie».
La littérature est la promesse de ma réincarnation.
8
l’échec est une liste de projets pas encore achevés
i will never live a moment like this i was broken my path was unclear i got lost now it’s too late
depuis un moment j’ai envie d’écrire un petit livre sur drag race, a short essay in which i write about my favorite lipsyncs and reflect on the notion of community
en parallèle un autre texte que j’ai besoin d’écrire à propos de Marie-Soleil Tougas, Notorious B.I.G., mon travail de styliste pour les Barbies de mes soeurs, et un pèlerinage de neuf jours vers un sanctuaire consacré à la Vierge Marie
alors j’établis une liste j’espère écrire
le meurtre chez Bravo Pizzeria
flashback le prof en 4e année qui nous laisse partir en fin de journée dans l’ordre dans lequel on aurait survécu à la Shoah, les blonds en premier
une lecture comparée de Tom à la ferme, le film de Xavier Dolan, et de la scène de fisting dans le roman de Michael V. Smith, My Body is Yours: désir de self-shattering comme chez Leo Bersani, dans Tom à la ferme, et perspective de care sans domination dans My Body is Yours; lire avec Anne Cvetkovitch, An Archive of Feelings.
une histoire, peut-être une nouvelle: une femme joue tous les rôles d’ornithologues dans tous les films du monde
je ne me suis jamais reconnu ni dans les contingences de la masculinité ni dans celles de la féminité; un titre: émergence de ma subjectivité politique
les histoires de Rose et celles de Sophia dans Golden Girls: picture it: un mode de relationnalité: un retour par soi-même pour engager une humilité partagée au contraire du narcissisme qui ramène tout à soi pour se mettre en valeur même dans les pires situations; ce type de storytelling est tourné vers autrui ou whatever, vers l’autre, pour engager un véritable dialogue, une relation, une transmission: «il y a peut-être quelque chose dans mon expérience de l’oppression qui peut t’accompagner alors que tu luttes toi-même»
(et stéphane martelly qui m’écoute me dit quand je descends de la scène: «la seule chose qui importe pour toi maintenant est d’écrire ce texte»)un autre titre: parfois le corps comme un objet perdu
je veux écrire à propos du désir dans l’oeuvre de Mathieu Riboulet
je veux écrire à propos du désirle corpus de reportages sur des événements catastrophe comme Hiroshima, Fukushima, Tchernobyl, la Shoah, les années sida, l’attaque d’un ours, un tsunami, mon intérêt pour la justice sociale, retour dans le temps c’est le Sélection du Reader’s Digest que grand-maman garde dans les toilettes du sous-sol que je consomme comme du trauma porn quelqu’un survit à une inondation quelqu’un d’autre à une avalanche moi je suis aux toilettes dans un sous-sol de Saint-Antoine-de-Pontbriand puis plus tard au secondaire les vidéos Faces of Death que j’emprunte au Super Club Vidéotron c’est un peu comme Sick Sad World — la la la la la — mais en plus trash puis plus tard encore une fois Internet implanté dans nos vies Wikipedia et les tueurs en série puis les podcasts true crime et en filigrane toujours cette littérature du génocide de la guerre de l’homophobie de l’immigration de l’exil c’est la conscience d’être détaché de toute communauté parce qu’il n’y a pas de transmission queer intergénérationnelle j’apprends à exister seul et ma solitude se «nourrit» d’une certaine façon des traumatismes des autres et des manières de les transcender pour devenir pour exister pour ne pas mourir; c’est ce que je voulais faire d’ailleurs plus petit plus jeune des reportages pour Géo pour National Geographic écrire pour la radio pour la télé mais on nous apprend quand même toujours à rêver petit et puis c’est peut-être moi anyways qui a toujours trop peur
Un texte intitulé Un album - vestiges d'une civilisation disparue.
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en guise de conclusion
dans son recueil Whatever, Iceberg, la poète Tara-Michelle Zinuik écrit: “Sometimes you know your next book is happening while you live it” tandis que moi je prends des notes.
je n’ai pas écrit le livre.
j’ai fait semblant.
je me suis rasé la tête et je suis parti.
à barcelone j’écrivais autre chose
pour que personne ne puisse comprendre
je suis devenu un poète—
—raté
je n’ai pas écrit le livre que j’étais en train de vivre
j’espère écrire queer pour ne pas mourir
Oeuvres citées
La performance et le poème sont ponctués de références parfois explicites, parfois implicites à différentes oeuvres littéraires, médiatiques et culturelles. On y retrouve aussi des citations directes de communications reçues par l’auteur au fil de sa carrière. Seules les oeuvres rendues publiques par leurs créateurices sont identifiées dans la liste ci-dessous.
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Livre
Yann André, Cet amour-là, Pauvert, (1999) 2016.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Écrivaine
Pour en connaître davantage sur la vie et l’oeuvre de l’écrivaine chicana Gloria Anzaldúa (1942-2004), vous pouvez consulter la page Wikipedia qui lui est consacrée.
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Livre
Leo Bersani, Homo(s), Harvard University Press, 1996.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Mel Y. Chen, Animacies. Biopolitics, Racial Mattering, and Queer Affect, Duke University Press, 2012.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Emanuele Coccia, Métamorphoses, Rivages, “Bibliothèque Rivages”, 2020.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Ed Cohen, A Body Worth Defending: Immunity, Biopolitics, and the Apotheosis of the Modern Body, Duke University Press, 2009.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Ann Cvetkovich, An Archive of Feelings. Trauma, Sexuality, and Lesbian Public Cultures, Duke University Press, 2003.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Thèse de doctorat
Nicholas Dawson, Vueltas: recherche de récits diasporiques (mémoire, frontières, exil), thèse de doctorat en études et pratiques des arts, Université du Québec à Montréal, 2022.
La thèse peut être consultée dans son intégralité sur le répertoire Archipel de l’UQAM.
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Film
Xavier Dolan, Tom à la ferme, Sons of Manual & MK2 Productions, 2012.
Regardez la bande annonce du film sur YouTube.
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Série télé
Glenn Eichler et Susie Lewis Lynn, Daria, MTV Animation, 1997-2002.
Pour en savoir plus sur la série, vous pouvez lire la page Wikipedia qui lui est consacrée.
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Livre
Didier Éribon, Réflexions sur la question gay, Flammarion, “Champs essais”, (1999) 2024.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site de la maison d’édition.
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Livre
Didier Éribon, Retour à Reims, Flammarion, “Champs essais”, (2009) 2018.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Lauren Fournier, Autotheory as Feminist Practice in Art, Writing, and Criticism, MIT Press, 2022.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Article
David Gates, “Dylan Revisited”, Newsweek, 1997.
L’article est disponible en ligne sur le site de Newsweek.
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Série télé
Susan Harris, Golden Girls, NBC, 1985-1992.
Pour en savoir plus, lisez la page Wikipedia consacrée à la série.
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Nouvelle
Franz Kafka, “Rapport pour une académie”, dans Un médecin de campagne et autres récits, traduit de l’allemand par Claude David, Gallimard, (1920) 1996.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Nouvelle
Franz Kafka, “Le souci du père de famille”, dans Un médecin de campagne et autres récits, traduit de l’allemand par Claude David, Gallimard, (1920) 1996.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Performance musicale
Elle King, “My Neck, My Back, Live @ The Blackheart (Austin,TX), 2013.
Regardez la performance sur YouTube.
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Article
Kateri Lemmens, “Tu dois changer ta vie : réflexions sur la portée éthique et politique de la littérature”, Association des professionnels de l’enseignement du français au collégial, 2011.
Au moment de publier cette page, le texte n’était malheureusement plus disponible en ligne. Nous cherchons une solution afin de pouvoir le partager. À suivre…
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Chapitre de livre
Mark Lipton, “Queer Readings of Popular Culture: Searching [to] Out the Subtext”, dans Susan Driver (dir.), Queer Youth Cultures, SUNY Press, 2008.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Blaise Pascal, Pensées, Les Belles Lettres, (1670) 2024.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Album musical
Pink Martini, Sympathique, Heinz Records, 1997.
Écoutez la chanson Sympathique sur YouTube.
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Livre
Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Rapport pour une académie de psychanalystes, Grasset, 2020.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Paul B. Preciado, Testo Junkie. Sexe, drogue et biopolitique, Grasset, 2008.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Écrivain
Pour en connaître davantage sur l’écrivain français Mathieu Riboulet (1960-2018), rendez-vous sur le site web de la maison d’édition Verdier, ayant publié plusieurs de ses oeuvres.
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Livre
Rainer Maria Rilke, Le livre d’heures, traduit de l’allemand par Gaston Compère et Frédéric Kiesel, Le cri, (1905) 2005.
Retrouvez la présentation de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Jacques Roubaud, Quelque chose noir, Gallimard, “Poésie/Gallimard”, (1986) 2001.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
André Roy, Les passions du samedi, Les Herbes rouges, 1979.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Livre
Michael V. Smith, My Body is Yours, Arsenal Pulp Press, 2016.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.
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Film
Taika Waititi, Jojo Rabbit, FOX Searchlight Pictures, 2019.
Regardez la bande annonce du film sur YouTube.
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Poème
Walt Whitman, “Song of Myself”, dans Leaves of Grass, 1891.
Le poème peut être lu dans son intégralité sur The Walt Whitman Archive.
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Livre
Tara-Michelle Ziniuk, Whatever, Iceberg, Mansfield Press, 2017.
Retrouvez la description de l’ouvrage sur le site web de la maison d’édition.